Mini-trip parisien – partie 2

Résumé de l’épisode précédent : Alexandra est en région parisienne. Après maintes péripéties, elle trouve enfin l’endroit où se déroule la « T party »
La fête se déroule chez un particulier, une T-girl qui répond au prénom de Yanna. Une petite participation est demandée (10€) en échange de laquelle on peut profiter des lieux toute l’après-midi et soirée, qui se terminera par un barbecue.
Je sais en arrivant que je ne pourrai pas goûter à la viande (pas à celle du BBQ du moins) car j’ai déjà rendez-vous chez Leslie vers 18h.
Capture
le mail d’invitation à la T party
Je me rends directement au jardin, en contournant la maison. Sous un arbre, autour d’une table, sont assises plusieurs personnes. Il y a ici une T-girl et quelques hommes d’âge mûr pour la plupart. L’un d’eux est plus jeune et me dévore des yeux.
Je suis en train de dire bonjour à tout le monde quand j’entends une voix dans mon dos : « Alexandra ?? »
« Oui ? » « Puréééeee, le choc !! Je te connais du site où tu mets tes photos coquines, je suis ton plus grand fan, je rêve de te bouffer le cul ! »
Bon ben, je crois que je vais pas m’ennuyer ici… Je n’ai pas encore eu le temps de faire connaissance avec tout le monde que déjà ce mec insiste pour qu’on aille s’isoler quelque part.
Je me dis que ce n’est pas nécessairement une mauvaise idée. Après tout, ça me permettra de relâcher la pression accumulée au cours des dernières heures qui furent très stressantes.
Nous nous rendons dans une chambre, il y a là un lit sur lequel sont entreposées les affaires des invités.
 
« Tu veux faire quoi ? » « Je veux te bouffer le cul !! »
« Ah bon, ok ».
Je me retourne, je prends appuis sur le lit, je relève ma jupe et je baisse mon string et hop, il commence à me lécher entre les fesses comme s’il s’y trouvait son parfum de crème glacée préféré.
Ce n’est pas désagréable mais à la longue je sens comme une petite irritation aux fesses causée par les poils de sa barbe naissance.
On s’interrompt et je décide d’aller saluer les convives que je n’ai pas encore croisés, dont la maîtresse des lieux. Si l’après-midi est organisée ici, chez Yanna, c’est en réalité une autre T-girl, Lisa, qui se cache derrière son organisation. Je fais également sa connaissance, ainsi que de Nikita qui organise les après-midi « Caprice ».
L’ambiance qui règne ici me fait beaucoup penser aux week-ends organisés à Triel. C’est le même esprit bon enfant, sans prise de tête, où des personnes d’horizons totalement différents se retrouvent car ils ont en commun cette attirance pour le 3ème genre. Je ne suis restée que 2h sur place et j’ai croisé 5 T-girls si mes souvenirs sont bons. D’autres sont peut-être arrivées plus tard. Les hommes étaient un peu plus nombreux et certains n’étaient pas insensibles à mes charmes. L’homme plus jeune qui me dévisageait lorsque je suis arrivée eu envie de faire plus ample connaissance avec moi, ce qui fut fait mais nous avons été interrompus par Mr « Bouffe-Cul » qui n’en avait pas encore assez. Il est revenu à la charge 4 à 5 fois et chaque fois, j’accèdais à sa demande même si, à la longue, je ne faisais plus trop attention à ce qu’il était en train de me faire, attachant plus d’importance à la dégustation d’un verre de blanc.
J’ai passé un bon moment chez Yanna et ses ami-e-s. J’ai débarqué là en totale outsider, je ne connaissais personne en arrivant mais je me suis très vite sentie à l’aise et bienvenue. J’ai d’ailleurs échangé mes coordonnées avec plusieurs personnes.
 
Vers 18h30, je quittais les lieux, un peu à contre-coeur mais également soulagée d’échapper enfin à Mr Léchouilles.
C’est à 19h que je rejoins mon amie Leslie. Nous avons décidé de passer la soirée au Château des Lys pour la reprise des Drôles de Dames.
ddd affiche
Les aléas de la vie ont contraints Leslie à faire une pause avec le travestissement. Une longue pause de 10 années. Hier soir, lorsque nous avons fait connaissance, c’était sa première rencontre avec une consoeur depuis tout ce temps. Ce soir on sort en club et elle veut se faire belle. Mais elle a perdu la main et n’a pas de maquillage chez elle. Je me charge donc de la métamorphoser, du mieux que je peux, c’est à dire en la maquillant selon la même technique que celle que j’utilise pour moi. On prend notre temps, on papote, on sirote un verre tout en progressant dans la tâche. C’est un moment très sympa qu’on partage là. Nous étions 2 inconnues la veille et ce soir nous entretenons déjà une relation très intime. Je sens bien que Leslie est un peu stressée à l’idée de sortir ce soir et je la soupçonne de vouloir passer la soirée juste en tête à tête, chez elle, comme nous l’avons fait hier. Mais je la sermonne gentiment en lui expliquant que ce n’est pas une bonne idée, qu’il faut aller de l’avant et que c’est une occasion unique de tester cette soirée DDD ensemble. Elle est enfin convaincue. Je termine de la maquiller. Je remarque au passage qu’il est beaucoup plus facile de maquiller quelqu’un d’autre que de le faire sur soi-même. Le choix des teintes n’est peut-être pas la tâche la plus simple, mais l’application des produits se fait de manière plus assurée sur une tierce personne.
pretes
on est prêtes pour sortir !
 
Vers 21h, nous sommes prêtes à démarrer. On prend ma voiture, direction la rue Marcadet, dans le 18e. Il nous faudra 45 minutes pour y arriver (il y a des embouteillages à toute heure du jour ou de la nuit, à Paris) et 5 minutes pour trouver une place de parking ! Nous sommes garées à moins de 100m du club, nous avons eu une chance inouïe ! Bien vu, Leslie !
Un petit selfie devant la porte du Château, on sonne et hop, nous voilà dans la place.
Cependant, je déchante vite lorsque j’entends qu’il est obligatoire d’avoir un masque pour entrer. On n’est pas obligée de le porter, mais il faut en avoir un à disposition. Ni moi ni Leslie n’en avons avec nous.
Lorsque j’explique que je viens spécialement de Bruxelles pour la soirée, le préposé à l’accueil est compréhensif et il nous donne un masque en papier. Ouf, sauvées ! C’est parfois utile d’être une innocente touriste, ça ouvre des portes. C’est le cas de le dire 😉
selfie chateau
le selfie obligatoire avant de débuter la soirée, de l’autre côté de la porte du château
L’entrée est à 30€ par personne et on reçoit 2 tickets boisson.
Nous pénétrons dans le club et la première chose que je vois c’est le côté pile de ma copine Sonia. Impossible de la louper, elle est assez grande et elle discute avec un mec aussi grand qu’elle. Je vais la saluer, ainsi que Jojo, son compagnon. Ce sont toujours des retrouvailles chaleureuses car nous nous apprécions toutes les 2 depuis la première fois où nous nous sommes rencontrées au Shoushou Club. Ce soir, Sonia officie comme DJ, un rôle qu’elle a déjà tenu par le passé aux soirées DDD.
Je rencontre également Melany, l’organisatrice de la soirée. Nous avons déjà eu l’occasion de discuter à plusieurs reprises sur FB mais aussi loin que je me souvienne, c’est la première fois qu’on se parle « dans la vraie vie ». Melany est une personne super sympa très accessible malgré le rôle important qu’elle tient ce soir. Je la présente à Leslie. Toutes 2 partagent un loisir commun, elles jouent de la batterie. 
soso melany
les 2 Stars de la soirée : DJ Sonia et la GO Melany
Après quelques minutes, Leslie et moi nous rendons au vestiaire situé à l’étage. C’est une pièce conçue pour se changer mais également pour se maquiller de A à Z dans l’éventualité où vous n’avez pas la possibilité de le faire avant d’arriver. La pièce est donc bien éclairée. D’autres T-girls sont en train de se préparer, la conversation s’engage, l’ambiance est bonne. Il n’y a pas de casier ici, nous redescendons donc avec nos affaires pour les confier au préposé à l’accueil, qui est toujours occupé à accueillir de nouveaux arrivants. 
 
Je me dois à présent d’ouvrir une petite parenthèse liée la situation sanitaire actuelle et à la manière dont la soirée fut gérée à ce niveau. Mon but n’est pas de critiquer ou de faire la leçon. Je ne suis ni épidémiologiste, ni spécialiste en sécurité sanitaire. Je veux simplement apporter mon témoignage et mettre en comparaison ce que j’ai vécu avec les mesures d’application chez nous en Belgique.
Comme expliqué plus haut, l’accès au Château était interdit si vous n’aviez pas un masque en votre possession.
Cependant, une fois à l’intérieur, on laissait les gens décider par eux-mêmes s’ils voulaient l’utiliser ou non. Autant vous le dire tout de suite : je n’ai pas vu grand monde masqué.
Je ne sais pas exactement qu’elles étaient à ce moment-là les recommandations en vigueur en France en rapport avec la distanciation sociale et les gestes barrière mais ce que j’ai vu ce soir-là est aux antipodes de ce qu’on nous impose en Belgique. 
Chez nous, les clubs peuvent ouvrir sous certaines conditions et l’une de ces conditions, c’est notamment l’interdiction totale de danser. Pas de DJ donc et piste de danse réaménagée avec des tables hautes disséminées sur toute la superficie. Ici, Sonia n’a pas eu de mal à noircir de monde le dance-floor.
Chez nous, chacun reste dans sa « bulle d’amis », scotché autour d’une table et ce sont les employés du club qui font le service en vous apportant votre commande de boissons. Ici, la foule se pressait gaiement au bar pour commander à boire.
Chez nous, il est permis dans certains clubs de monter aux alcôves, mais uniquement avec les amis de la bulle. Ici, tout le monde se mélange joyeusement sans se soucier des bulles et puis d’ailleurs, « c’est quoi, une bulle ?? »
Et je ne vous parle pas du (délicieux, il est vrai) buffet exposé à l’air libre dans une pièce intermédiaire entre le dance-floor et l’accès aux alcôves. Une pièce où il y avait donc beaucoup de passage et où le risque de propagation des germes était probablement élevé. Quand on sait que chez nous, les restaurants de type « buffet à volonté – self-service » ont dû se réinventer, ce que j’ai vu ce soir était pour le moins surprenant.
 
Je me répète : ce n’est pas une critique, c’est juste une constatation. Et je dois bien avouer que cette ambiance de « laisser aller » était très agréable à vivre après les mois de confinement sévère qui nous ont été imposés. D’un point de vue « ambiance soirée libertine », c’était une totale réussite avec cette sensation d’avoir voyagé dans le temps et d’être revenu quelques mois en arrière, avant la crise. Par contre si un infectiologue était passé par là, je pense qu’il y a fort à parier qu’il aurait eu une crise cardiaque…
chateau lys
le château des lys
Quoiqu’il en soit, pour revenir à la soirée en elle-même, je m’y suis bien amusée ! J’ai revu un jeune homme déjà croisé à 2 reprises à Triel. J’avais gardé son contact et chaque fois que je descends sur Paris, je le lui signale. Il était bien au rendez-vous et nous n’avons pas tardé à nous faire de gros câlins dans une alcôve. Nous avons été rejoints par un ou 2 autres hommes qui m’ont également fait l’honneur d’une « visite ».
 
Retour ensuite dans l’espace principal qui, durant mon absence, s’est considérablement rempli ! Ca danse, ça flirte, ça rigole. L’ambiance est au top. Je retrouve Leslie où je l’avais laissée, nous discutons un peu et lorsqu’elle m’explique qu’elle n’a pas encore visité le Château dans son intégralité, je me porte volontaire pour remédier à cela. Lors de notre exploration des lieux, nous allons nous faire aborder par plusieurs coquins, et notamment un australien avec qui j’avais discuté longuement à mon arrivée. A l’heure actuelle, il est plus que légèrement imbibé. J’ai bien l’impression que, depuis son arrivée, il a dû tester tous les alcools servis au bar. Enfin, il n’a pas l’alcool méchant, c’est déjà ça. Mais sexuellement parlant, il n’y a plus rien à en tirer non plus.
 
Leslie panique un peu quand elle se fait aborder de toutes parts. Nous décidons de battre en retraite, c’est sa première sortie en club depuis 10 ans, et j’ai envie qu’elle en garde un bon souvenir.
Nous allons quitter la soirée très tôt, vers minuit 30. Je serais bien restée plus longtemps mais je me dis que je reviendrai une prochaine fois.
De retour chez Leslie, nous n’allons pas nous coucher tout de suite. Nous allons faire un débriefing de la soirée en buvant un verre, et puis, une chose en entraînant une autre, nous finissons dans les bras l’une de l’autre, avant d’aller nous coucher, vers 3h du matin.
 
Je garderai un excellent souvenir de ce mini-trip parisien, non seulement parce que tout s’est bien passé et que j’ai eu du bon temps tout en faisant de nouvelles rencontres, mais aussi et surtout parce que c’était une parenthèse bienvenue dans cette crise sanitaire qui rend notre vie morose et tristounette depuis de trop longs mois.
FIN.
Vous voulez tout savoir sur les prochaines soirées Drôles de Dames ? Un seul site : https://www.soireesdrolesdedames.com/ ou encore sur leur page FB.
Les après-midis des T n’ont pas de site internet mais voici l’adresse mail pour être tenu informé de leurs activités : les.soirees.des.t@gmail.com

2 commentaires

  1. agréable à lire, on a l’impression d’y être … du Alexandra en plein, le voyage au pays des caresses … mmmm !!! on en oublierait presque la grisaille de ce monde de cons et de virus

  2. Une fois de plus un formidable récit. J’avais lu l’épisode 1, ta galère, la fausse adresse, etc… et j’avais hâte de lire le compte-rendu de ta soirée. Je vois que tu t’es bien amusée et tu m’as fait rire avec Mr Bouffe-cul. Pour ce qui est des conditions sanitaires, c’est vrai qu’il y a du relâchement en France. Le confinement fut strict mais maintenant tout passe… S’agit de relancer l’économie. Pognon, pognon… Ah une dernière chose : tu es toujours aussi belle. Bisous.

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