L’espoir fait vivre

Dans quelques jours, ça fera un mois que la Belgique est en mode « confinement – restez chez vous ». Le centre de crise se réunit régulièrement pour nous annoncer la nouvelle échéance. Je pense qu’il est clair pour tout le monde que la date butoir actuelle du 19 avril ne sera pas la date de délivrance tant attendue.
On parle déjà d’une prolongation jusqu’au 3 mai, mais il y a de fortes chances que ça aussi, ce ne soit qu’une étape vers une date encore plus lointaine.

Ma dernière sortie « avant crise » remonte à un mois, jour pour jour. Le 9 mars dernier, pleine d’insouciance, et totalement inconsciente de la liberté dont je jouissais à l’époque, je me rendais au Club 139 à Ans, à l’occasion de la journée spéciale « Trav & men only ». Il y a un mois, alors que, jusque là, les journées et soirées spéciales s’enchainaient à un rythme effréné, alors qu’à peine rentrée d’une soirée je m’attelais à la réalisation du flyer pour la soirée suivante, voilà que tout est soudainement mis à l’arrêt et que ma raison de vivre, ma passion, est mise entre parenthèses, sans que je puisse y faire quoique ce soit.

Après un mois de confinement, je survis à ce sevrage forcé, tant bien que mal. J’essaie de m’occuper l’esprit. Je fais partie de celles et ceux qui vont encore bosser tous les jours, ce qui remplit déjà une partie de ma journée. Le reste du temps, je suis parfois connectée sur les réseaux sociaux mais à la longue, ça en devient lassant. J’ai repris un peu le sport que j’avais négligé ces derniers mois. Je vais courir, je fais du vélo, je m’aère… mais toujours en respectant les mesures de distanciation sociale, n’ayez crainte ! 😉

tuto mask
fabrication de masque à la portée de tous

Chacun et chacune d’entre nous passe son temps comme il peut en attendant le jour de la libération. Quand ce jour viendra, je sais déjà que je ferai des bonds de joie car il me tarde de reprendre mes activités « d’avant ». Mais en sera-t-il de même pour tous ? Ce que nous vivons est assez unique et inédit. Quasiment du jour au lendemain, on a dû dire au revoir à nos habitudes pour débuter un nouveau chapitre.

Ce qui nous arrive, c’est un peu comme si on avait l’habitude de regarder une série qui nous plaît vraiment, et que tout à coup on nous en impose une autre, sans pouvoir revenir à celle qui faisait notre bonheur. La question que je me pose : une fois que le signal « c’est fini, les gars !!! » sera donné, quel est le pourcentage de la population qui va courir retrouver sa série favorite ?
Quel est le pourcentage qui se sera habitué à ce qu’on lui a imposé et qui se dira « après tout, c’est pas si mal et c’est même mieux que ce que je regardais avant ».

Je pense en effet que nombreux sont celles et ceux qui vont profiter de cette période pour se remettre en question. Pour faire un bilan de leur vie telle qu’elle fut vécue jusqu’ici. Ca va peut-être aussi provoquer un déclic chez certains qui vont réaliser que la vie est pleine de surprises et que rien n’est jamais figé. La fin du confinement sera peut-être synonyme de début d’une nouvelle vie pour ceux-là.

La fin du confinement, parlons-en. Si je l’attends avec impatience, je ne suis pas naïve au point de penser que tout va rouvrir le même jour. Et je crains que les commerces qui vont rouvrir en priorité ne sont pas exactement ceux qui m’intéressent (on parle, entre autres, des magasins de bricolage… hum hum…)

On n’a qu’à se remémorer l’ordre dans lequel « la vie » s’est arrêtée : d’abord les rassemblements de plusieurs centaines de personnes, pour terminer par les petits commerces comme les coiffeurs. D’après moi, pour la réouverture, on suivra le même principe, en sens inverse, ce qui signifie que pour les « loisirs non essentiels » (dans lesquels j’inclus bien évidemment les clubs libertins), ce sera tout à la fin, juste avant les festivals et autres grosses manifestations attirant la grande foule. Le retour à la normale se fera en effet de manière graduelle et progressive et pour un endroit comme un club libertin, où la clientèle vient pour toute sorte de choses mais sûrement pas pour « se tenir à distance », il faudra attendre encore un moment avant que ce genre d’établissement se retrouve sur la liste des « sans danger ».

après conf
je vois bien la même situation avec les clubs libertins 🙂

De plus, soyons réaliste : aux dernières nouvelles, on parle de nous imposer le masque pour tous nos déplacements. Ce n’est pas vraiment compatible avec nos activités libertines.
Il va donc falloir encore prendre son mal en patience et redoubler d’originalité pour tuer le temps. En ce qui me concerne, je ne me tracasse pas trop pour ça, j’ai encore du pain sur la planche. Mais un mois passé sans me féminiser, un mois sans rencontrer les ami-e-s, un mois sans… sexe (et oui…) ça ne m’était jamais arrivé. Pour l’instant ça va encore, mais  ces moments de complicité où je retrouve d’autres membres de notre communauté T-girl et/ou libertine vont commencer à vraiment me manquer si la situation se poursuit encore plusieurs mois.

Alors j’espère me tromper, j’espère que tout se règlera plus vite qu’on ne le pense. C’est probablement la meilleure chose qu’il nous reste à faire car, ne l’oublions jamais : l’espoir fait vivre.

6 commentaires

  1. Eh oui tout ça est bien vrai.
    Moi j’ai la chance d’être très casanière, donc le confinement ne me touche pas tellement.
    Et même j’en apprécie les rares bons côtés : La qualité de l’air à Bruxelles est devenue excellente, faire un tour à vélo est devenu un rêve, presque pas de voiture.
    Et l’aviation à l’arrêt joue certainement un rôle dans cette toute nouvelle pureté de l’air.
    2e bon côté du confinement : Vu que je n’ai plus de concert en vue, je peux me concentrer sur mon vrai métier d’instrumentiste, travailler mon piano, au lieu de régler tous les problèmes dus à la préparation d’un concert.
    Du reste mon seul amant qui ne m’a jamais déçu, jamais laissé tomber, c’est mon piano.
    La façon dont il miaule lorsque je le caresse m’apporte tant de bonheur que je ne m’en lasse pas.
    Mais je sais que j’ai beaucoup de chance de ne pas être impactée psychologiquement par cet enfermement forcé même si sur le plan financier c’est une autre histoire.
    Mais Alexandra toi c’est la situation inverse, apparemment sur le plan financier ça tient la route mais c’est ta passion qui est complètement mise de force au placard.
    Je ne voudrais pas être à ta place.
    Alors je te dis courage ma choutte, après la pluie le beau temps.

  2. Nini a raison, Alexandra, ta passion étant mise au placard, moi non plus, je voudrais pas vivre ta vie actuelle. Je ne connais pas la profession que tu continues à assumer courageusement. Si c’est dans le monde des soignants, je ne peux que te faire la révérence et te féliciter. Comme Nini, j’ai le bonheur de pouvoir travailler un peu tous les jours mon hautbois (non, non, n’ironise pas, ce n’est pas LE bois haut) et c’est un plaisir pour moi. Il ne dure (non, non, n’ironise pas avec ce « dure ») qu’une heure par jour mais cela suffit. Tu nous dis faire du sport. Oses-tu sortir en fille à vélo ? J’imagine que oui ! Avec une mini-jupe ou une belle robe à la Marie Laurentin, ça doit être agréable, non ? Et méchamment « détendant » !
    Courage à toi et garde bien le moral ! On en sortira de ce fichu corona ! Djinny.

    • coucou Djinny, non je ne suis « au front », ma profession est tout autre mais, en quelque sorte, considérée comme « essentielle » malgré tout. Je t’en dirai plus en privé si ça t’intrigue. Et non, je ne fais pas de vélo en fille, c’est une chose que je m’interdis (jusqu’à présent). Biz

  3. Ce foutu virus nous prive de bien des plaisirs. On vit dans le doute, la crainte et on attend avec impatience le déconfinement. Toutefois, lorsqu’il aura lieu, il faudra continuer d’être prudentes. J’ai beaucoup aimé ton article, chère Alexandra. Comme toujours… Je te suis depuis longtemps, avant j’étais Domi (la rousse) et je te souhaite de retrouver aussi rapidement que possible tous les bonheurs que tu avais (et que tu donnais) dans le temps d’avant. Surtout prends bien soin de toi.

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