La garce qui pète plus haut que son Q

Je viens de vivre une drôle d’histoire. J’en parle déjà comme si c’était du passé car, visiblement, le mot fin est déjà écrit.

Pour la première fois depuis très longtemps, j’ai publié une annonce coquine dans un magazine papier.
Qu’est ce qui m’a poussé à faire ça ? Allez comprendre, même moi j’ai du mal à trouver l’explication. Peut-être que j’avais envie de mesurer l’impact d’une telle annonce à l’époque du numérique; peut-être que j’avais envie de toucher un autre public (le 4ème âge…?); peut-être que j’avais tout simplement envie d’apporter un peu de changement dans ma « routine ».
Quoiqu’il en soit, après 2 semaines de parution, le premier constat est décevant : très peu de réaction. Visiblement, l’époque de la drague via magazine est bien révolue. Mais il reste des irréductibles, dont un lecteur en particulier qui a réussi, en l’espace d’une semaine, à me faire douter de moi, et plus particulièrement de mon degré de sympathie.

Tout a commencé de la meilleure des manières, il m’envoya un e-mail dans lequel il saluait la Miss Belles Jambes de la revue. Jusque là, tout va bien.
Je le remercie et très vite un petit dialogue s’installe, il commence à me parler un peu de lui, du fait qu’il est libertin à ses heures, qu’il a vécu l’une ou l’autre aventure excitante qu’il n’hésite pas à me relater. Il me pose également des questions sur moi, bien sûr… Tout ça se fait par écrit et ça me convient très bien, je suis une fille gratte-papier, c’est bien connu. Arrive le moment où il me demande mon numéro de gsm et, chose exceptionnelle (mais je suis en confiance), je le lui donne. Je sais qu’il vit à 100 bornes, que nos horaires ne sont pas vraiment compatibles pour organiser rapidement une rencontre, mais j’accède à sa demande malgré tout. A partir de cet instant, je vais recevoir régulièrement des sms de sa part et, si je n’y réponds pas dans les 10 minutes, soit il s’inquiète, soit il pense que je le nie. Il insiste également pour qu’on se parle au téléphone. Mais moi – et là je vais vous avouer une chose – depuis la fin des années 90 et l’apparition des premiers gsm, on ne trouve sur Terre personne de plus heureuse que moi ! En effet, j’ai toujours dé-tes-té le téléphone, et quand j’ai appris à quoi servait un sms, j’ai débouché le champagne et je n’ai pas dessaoulé avant une semaine. Enfin un outil qui permettait de zapper les « Salut comment ça va ? » et grâce auquel on pouvait aller droit au but : « hôtel ce soir 21h, ok ? »
Depuis lors, envoyer des textos est devenu pour moi une activité quotidienne, et la touche « call » de mon smartphone est toujours comme neuve, on n’y décèle aucune empreinte digitale. Alors quand ce bonhomme me demande de l’appeler, vous pensez bien qu’il aurait pu me demander de me tirer une balle dans le pied, ça aurait eu le même effet pour moi ! Je le lui ai fait comprendre, et il l’a (très) mal pris. C’est là que les choses ont commencé à déraper pour finalement finir par un dernier échange mail où nous tentons de développer notre point de vue respectif tout en campant sur nos positions.

A la réflexion, je n’aurais jamais dû mettre le pied dans cet engrenage car ce gars s’est imaginé un tas de choses à mon sujet : il pensait qu’on partageait un certain feeling alors que pour moi, bien au contraire, je trouvais qu’il devenait de plus en plus envahissant avec ces échanges incessants. Un comble : j’en arrivais à angoisser à l’idée de recevoir un sms car ç’aurait voulu dire que je devais y répondre. Mes textos se faisant plus rares, mon refus de communiquer avec lui de vive voix persistant, me voici donc cataloguée de personne hautaine qui pète plus haut que son cul, pourvue d’un égocentrisme démesuré (j’ai eu la faiblesse de lui avouer que, comme toute trav, j’étais un brin narcissique et que ça expliquait pourquoi je lui avais envoyé quelques photos). En moins d’une semaine, et sans jamais m’avoir rencontrée, il m’a reléguée au rang des personnes anti-sociales (j’aime pas causer au téléphone donc c’est clair que je suis une grosse truffe) qui n’ont pas le temps d’échanger juste pour le plaisir de faire connaissance.

garceEt bien non, effectivement, je n’aime pas perdre mon temps, j’ai bien mieux à faire que de jouer au texto-ping-pong, ou de discuter pendant des heures de tout et de rien au téléphone ou sur skype. Mes vrai-e-s ami-e-s le savent, quand je suis « en société », je suis à l’écoute et toujours prête à taper un brin de causette, quitte parfois à délaisser le côté galipettes.
C’est du moins comme ça que je me vois, mais peut-être que cette autre personne a vu clair en moi et que je suis en réalité la garce qu’il décrit.
Auquel cas, ma résolution pour 2019 sera de peaufiner ce rôle de peau de vache car, c’est bien connu, quand je me lance dans un projet, je le fais à fond.

2 commentaires

  1. Que les rapports humains sont complexes, moi j’ai parfois très difficile à m’y retrouver : à partir de quel moment on peut dire que quelqu’un se comporte mal ?
    Cependant dans ce cas il me semble que le gars a confondu les espoirs qu’il nourrissait à ton sujet et un soi disant « comportement normal » qui consisterait à accomplir toutes les communications en se parlant au téléphone.
    Personnellement j’ai eu plusieurs solides prises de bec avec mon impresario qui avait la mauvaise habitude de me téléphoner pour me raconter sa vie.
    Mais il a fini par comprendre ; moi je suis e-mail – e-mail – e-mail
    J’adore ce moyen de communication ; lui pas, mais c’est vrai qu’il ne peut aligner deux lignes sans faire 5 fautes.
    Bon alors si même avec quelqu’un d’aussi important pour moi je me suis engueulé à ce sujet, je comprends très aisément que tu aies été agacée par ce gars que tu connaissais à peine et qui visiblement voulait entrer dans ta vie, de gré ou de force.
    Et le fait que tu ne te sois pas laissé faire, ça ne lui a pas plu.
    Mais de là à en déduire que tu es une asociale ……….
    Je pencherais plutôt pour l’hypothèse de quelqu’un qui est en manque, qui a un besoin urgent de se trouver une âme soeur et qui devant une réaction qui ne va pas dans le sens espéré, provoque le mépris de celle qui ne veut pas se donner à lui, elle en devient même « asociale ».
    C’est classique : le renard et les raisins.

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