Tour de France, partie 4 : « la show-girl »

Pour la première fois depuis mon départ, je ne vais pas loger dans une chaîne hôtelière mais bien dans un petit hôtel familial.
Lorsque j’arrive à Gien, peu après midi, l’hôtel est fermé. D’après booking.com je pouvais déjà faire le check-in dès 13h alors j’attends un peu puis, vers 12h45, j’appelle au numéro indiqué sur ma réservation et un homme me répond qu’il va arriver. Cinq minutes plus tard, il vient m’ouvrir, c’est un pakistanais d’une cinquantaine d’années et il m’informe que je suis beaucoup trop tôt, que le check-in ne se fait normalement qu’à partir de 14h. Néanmoins, il me donne accès à ma chambre.
Celle-ci est située au 1er étage. Tout l’hôtel aurait besoin d’un bon coup de jeune. Il n’y a pas la clim mais un ventilateur est disponible, les murs en crépis blanc sont ternes, la vue de la fenêtre donne sur une ruelle plutôt triste, tout ça n’est pas très attrayant mais je n’ai de toute façon pas l’intention de m’éterniser entre ces 4 murs.
gien hotel
mon hôtel du jour
J’ai besoin d’une bonne douche mais avant toute chose, je dois recharger mon smartphone. Commence alors une fouille minutieuse de toutes mes affaires : je ne retrouve ni le chargeur, ni le câble !! Sans ça je suis morte ! Mon smartphone, c’est mon GPS, mon appareil photo, mon enregistreur vocal, mon réveil matin, mon accès aux réseaux sociaux et au net, ma musique pour le jogging, j’ai tout là dessus ! Accessoirement ça me sert même de téléphone ! La batterie est au plus bas, je dois le recharger d’urgence ! Mais après 10 minutes de fouilles, il ne fait plus aucun doute que j’ai oublié mes accessoires à Paris. Il va falloir que je trouve des pièces de remplacement, et très vite !
Ca me motive pour prendre sans tarder la route du club qui m’attend aujourd’hui. Si j’y vais tôt, je peux rentrer tôt et espérer trouver encore un commerce ouvert à mon retour.
départ moulin3
prête à partir, tenue de circonstance

Je me rends au Moulin’s Club 3 à Coullons, une ville voisine de Gien. Une amie parisienne s’y rend régulièrement, et elle m’a vivement recommandé l’endroit. J’ai vu sur leur site qu’il y avait un espace balnéo ainsi qu’une piscine extérieure et cette année j’ai décidé de profiter au maximum des infrastructures des endroits que je visiterai. Je m’habille donc pour la circonstance : un haut bariolé, moulant et dans un textile comparable à celui des maillots de bain, un string assorti et par dessus, un chemisier et une jupe qui me serviront uniquement pour le trajet « hôtel-club » et vice-versa.

Je quitte l’hôtel en empruntant la sortie « parking », sans avoir à passer par l’accueil. Je ne croise personne sur mon passage.
Lorsque j’arrive au club, c’est le milieu de l’après-midi, il fait hyper chaud, le soleil brille de 1000 feux, il n’y a pas un nuage à l’horizon. Et il a pas mal de voitures sur le parking ! Je suis très étonnée et agréablement surprise.
Je vais expliquer au patron qui je suis et ce qui m’amène chez lui aujourd’hui. Entre 2 clients, il me fait faire un rapide tour du propriétaire. Le club est énorme, il fait 1500m² mais aujourd’hui, « petite journée », certaines alcôves ne sont pas accessibles (compte-rendu de visite ici). Comme prévu, j’ai ôté ma jupe et mon chemisier et je visite le club en « petite tenue ». Mon premier passage dans les coins sombres me réservera une très bonne surprise (récit coquin suivra).
Je suis la seule trav présente, entourée d’une majorité de couples et de mecs seuls. Les couples sont groupés autour de ou dans la piscine alors que les mecs traînent plutôt dans l’espace sauna.
moulin club
la piscine du Moulin’s Club 3
Pour ma part, j’ai envie de profiter de la piscine. L’eau est à 31° !! C’est presque trop chaud pour être vraiment rafraichissant mais je ne vais pas faire la fine bouche. Par contre je n’ai pas trop envie de mouiller mon « haut », même s’il est fait pour ça. Tous ces gens qui m’entourent sont à poils. Alexandra sera donc également à poils. Et hop, j’enlève le haut et le bas en une fois, et c’est nue comme un ver que je pénètre dans l’eau. Je vais passer un peu de temps à faire trempette en appréciant la température vraiment agréable. Par contre, je suis un peu tenue à l’écart : je ne vais converser qu’avec un seul homme sur tout le temps de ma présence, en dehors du patron bien sûr, qui a été assez sympa pour me permettre de laisser charger mon smartphone sur son socle.
Après 3 ploufs-piscine, je réalise qu’il est grand temps de repartir si je veux encore espérer trouver un magasin ouvert pour trouver mes accessoires smartphone.
moulin front
Bye bye le club, j’ai à faire ailleurs !

Je rentre à l’hôtel comme j’en suis partie, via l’accès parking. Je me dirige vers l’ascenseur et mes talons claquent sur le sol carrelé, un son que j’apprécie toujours autant. J’entends alors derrière moi une voix qui me dit : « Bonjour Madame ! »

Je me retourne et je vois 5 à 6m plus loin un petit pakistanais, plus âgé que celui qui m’a accueilli en début d’après-midi. Ce doit être le père de l’autre. « Bonjour monsieur ! » 
Visiblement interloqué, l’homme m’observe sans réagir, je devine qu’il plisse les yeux pour mieux distinguer l’étrange créature qui se trouve là, à quelques mètres de lui. L’ascenseur est arrivé, je lui fais un grand sourire et un petit salut de la main en pénétrant dans la cabine.
Après une bonne douche et avoir repris mon apparence masculine, je redescends pour me mettre en quête d’un magasin d’électronique ou d’une grande surface de type Auchan. Mais avant, je dois préciser à l’accueil si je compte prendre le petit déjeuner ou non le lendemain.
Le vieil homme est toujours là, j’entame la conversation avec lui, nous parlons de choses et d’autres jusqu’à ce qu’il me fasse comprendre qu’il n’y a pas beaucoup de clients dans son hôtel actuellement.
C’est le moment que je choisis pour lui faire une confidence.
Je m’approche de lui et, presque en chuchotant (alors que nous sommes seuls), je lui dis : « Vous savez, la dame de l’ascenseur, tout à l’heure… et bien c’était moi ! »
« Aaahhh, d’accord ! C’est surprenant, vous faites des spectacles ? » Je souris intérieurement, amusée de tant de naïveté. « Non, on ne peut pas vraiment appeler ça des spectacles. Disons que je fréquente certains endroits où je rencontre des gens sous une apparence féminine ». L’homme est un peu intrigué, il ne voit pas où je veux en venir : « Oui et donc vous faites des spectacles… » « Noooon, je fréquente le milieu libertin. Il y a un club échangiste pas loin d’ici, vous savez » 
A présent l’homme est un peu gêné : « Non, je ne sais pas… Voyez-vous, je passe toutes mes journées ici à l’hôtel, je ne connais pas… » 
« OK, je comprends, enfin bref, voilà, ma vie est ainsi faite, j’ai besoin de ça pour me sentir bien, vous comprenez ? Et votre réaction me fait plaisir car vous ne me jugez pas » « Oh non, qui suis-je pour juger les gens ? Une seule personne est apte à juger et c’est Lui » dit-il en pointant le doigt vers le ciel.
Je prends congé de lui après lui avoir souhaité une bonne soirée, cet homme m’était fort sympathique.
gien bridge & rivercrop
Gien, jolie petite ville, mais pas très fournie en commerces…
Par contre ma quête de câble va s’avérer vaine. Il est un peu plus de 18h et je réalise à présent que Gien n’est vraiment pas ce qu’on peut appeler une grande ville. Tous les commerces étant déjà fermés, il ne me reste qu’à économiser ma batterie jusqu’à ce que je trouve ce qu’il me faut.
Ma quête suivante : un endroit où manger ! Il y a quelques restos mais rien qui ne me branche vraiment. Je vais finir par porter mon choix sur une gargote où je prendrai un menu bon marché mais sans grande saveur.
Le lendemain matin, je me lève très tôt et je décide d’aller faire un petit footing le long de la rivière. A l’accueil, c’est une 3ème tête que je découvre, un jeune homme cette fois. Sans doute le fils du premier et le petit-fils du vieil homme d’hier. Je lui confie ma clef pour ne pas la perdre pendant que je cours.
A mon retour, une nouvelle douche, après quoi je prépare mes affaires car il est déjà temps de prendre la route pour mon étape suivante. En passant une dernière fois par l’accueil, les 3 générations de pakistanais sont réunies côte à côte : le fils, le père et le grand-père.
Tous 3 me regardent avec un air de dire « Ouais ouais, on est tous au courant, papy a vendu la mèche. Merci pour votre visite et surtout, bonne continuation avec votre spectacle ! »
A suivre…

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